« Le Soleil des Enfants Perdus » – Guy Marchand.

Article rapatrié, initialement publié le 09 Mai 2011.

Les souvenirs, c’est un peu comme dans une ancienne photo de classe… Des enfants bien alignés et dont on ne distingue pas bien les visages, des souvenirs d’enfance, d’adolescence qui bien que mis bout à bout, restent confus, flous, comme effacés de la mémoire.

Ce sont ceux de Romain, ancien combattant de la guerre d’Algérie, qui hante les rues du Paris de Mai 68.

Ce livre est un superbe voyage à travers la mémoire, les rêves, les rencontres et la littérature. C’est aussi un voyage à travers deux pays : la France et l’Algérie. Récit d’un rescapé de la guerre d’Indépendance, d’un survivant blessé à l’âme.

Roman d’une guerre refoulée, mais aussi d’une promenade littéraire dans un Paris oublié, «Le Soleil des Enfants Perdus» est un livre vrai, honnête. Il ne cherche pas à impressionner et pourtant il nous atteint au plus profond…

L’auteur est un chanteur, un flâneur sans aucun doute… Mais il a fait un long voyage sous le soleil brûlant de Bou Saàda.

Ainsi se présente ce livre si particulier que je viens de terminer…

Particulier dans la mesure où ce résumé ne laisse pas du tout présager de ce qui attend le lecteur… Logiquement, on peut s’attendre au récit des mémoires d’un ancien combattant qui déambule au milieu de l’idéalisme des manifestations de Mai 68… Mais ce roman est bien loin d’un simple récit linéaire.

Tout au long de cette histoire, on suit Romain se remémorant les passages marquants de sa vie… Depuis son intégration dans les rangs de l’armée française en tant qu’officier pendant la guerre d’Algérie, en passant par ses errances dans les rues de Paris, cotoyant les protagonistes des événements de Mai 68, prenant ses habitudes au Café de Flore et, bien plus tard, la soixantaine venue, troublant une jeune étudiante admirative de son expérience et de son passé… Jusqu’à la fin de sa vie, on voit Romain chercher un but à son existence, un soleil perdu, un début d’inspiration pour son oeuvre!

Cette oeuvre dont l’idée lui est venue dans des circonstances très singulières. En effet, pendant une campagne militaire au coeur du désert algérien, il est gravement blessé dans une embuscade. Son assaillant est aussitôt prit et maîtrisé, mais il ordonnera de lui laisser la vie sauve… On retrouvera d’ailleurs ce personnage un peu plus loin dans le livre, avec un destin bien particulier et une incidence sur la fin de vie de Romain.

Suite à ses blessures, lors de son rappatriement et de son opération chirurgicale, entre rêve et réalité, il se voit assis dans un avion aux côtés de grands auteurs : Antoine de St Exupéry aux commandes, Romain Gary et Albert Camus sur les sièges de cette avion irréel, moitié avion de ligne, moitié avion cargo. Hemingway, reconnaissable à son fort accent américain, Jean-Paul Sartre, André Malraux et Simone de Beauvoir sont également de ce voyage onirique…

De ce périple irréel et de ses conversations qu’il aura avec toutes ces grandes plumes, Romain ne retient qu’une seule chose : il deviendra écrivain! Malheureusement, n’est pas écrivain qui veut et notre héros va courrir après l’inspiration tout au long de sa vie…

Plus qu’un récit de souvenirs, ce roman est une errance littéraire du héros… Errance qui le mène dans les plus beaux lieux d’inspiration de Paris, au milieu d’événements qui  seront sources de rencontres improbables… Quels que soient ses débuts d’inspiration, ils ont tous été écrits, décrits et longuement été fouillés par d’autres que lui, avant lui… Toujours à la recherche de la première phrase, de la phrase vraie, il vivote en écrivant dans des revues de décoration…

Brisé, perdu dans cette voie qu’il croit sienne, j’ai eu du mal à éprouver de l’empathie pour ce personnage qui avait pourtant tout pour plaire dans les premières pages… Le récit alterne, entre la rêverie et le déroulé de sa vie, de façon assez chaotique… J’ai peiné à comprendre ce que l’auteur cherchait à transmettre… De longs passages très poétiques et très fluides aux phrases imagées et très parlantes que j’ai pleinement savouré, puis de courts paragraphes rapides et directs racontant le déroulement de sa vie, qui me laissaient presque essoufflée.

Ce roman très court, 117 pages, m’a plutôt laissé sur ma faim je dois dire. Non seulement la 4ème de couverture ne laisse absolument pas augurer un récit aussi fragmenté mais, bien que lisant avec la si belle voix de Guy Marchand en mémoire, je n’ai pas été sensible à cette histoire qui, malgré de magnifiques passages très poétiques et imagés, ne m’a pas embarqué…

Je remercie néanmoins Babelio et les Editions Ginko qui m’ont permis de découvrir un Guy Marchand auteur, dont c’est le deuxième roman. D’autres avis à lire sur le site en cliquant sur le logo ci-dessous.

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