« La Onzième Souris Verte » – Christian Poslaniec.

Article rapatrié, initialement publié le 27 Janvier 2011.

Titre : La Onzième Souris Verte. Auteur : Christian Poslaniec. Édition : L’Ecole des Loisirs. Collection : Maximax. Parution : Février 2007. 150 pages  –  2.90 en Occasion. ISBN : 978-2-211-08509-0

L’Auteur :

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Christian Poslaniec, né à Paris en 1944, est un écrivain français spécialiste de la littérature jeunesse. Il est également chercheur à l’Institut National de Recherches Pédagogiques (INRP) et vit dans la Sarthe depuis 1959.

Auteur de nombreux essais et études pédagogiques, il a également écrit des romans, des albums, des poèmes, des nouvelles, des documentaires, des polars et des pièces de théâtre.

L’Histoire  –  4ème de Couverture :

Christie Spivac est en vacances. Après avoir résolu successivement les énigmes des treize chats noirs et des douze poissons rouges et publié un nombre considérable de romans policiers pour enfants, il jouit enfin d’un repos bien mérité au Grau-du-Roi, dans la prometteuse rue de l’Amour, en compagnie de la non moins prometteuse Véronique.

Mais voilà, au restaurant Chez Mireille, la cantine de la bande d’amis d’enfance de Véronique, les carafes d’eau se remplissent tout à coup d’étranges messages : des poissons morts, coloriés ou découpés.

Or, Séléna, la fille adoptive de Martine, une petite rescapée de Somalie, a disparu. Fugue, accident ou kidnapping? On dirait que les poissons crevés veulent parler.

Christie Spivas, lui, se tait. Il observe, il réfléchit. Et il part à la pêche, son autre passion. C’est là qu’il découvre que des souris vertes courent dans les herbes autour de l’étang. Comme si elles aussi avaient quelque chose à dire sur Séléna…

Mon Avis  –  Mes Impressions :

La Onzième Souris Vertes est un petit roman jeunesse très court dans lequel il est question de disparition et d’enquête. Mais il est aussi question de vacances, d’histoire de famille et de non-dits. C’est également un roman sur l’amitié, les liens filiaux, le soleil et les vacances, avec une petite pointe d’écologie.

Dans ce récit, on suit Christie Spivac, célèbre auteur de livres pour enfants, qui s’octroie enfin une semaine de vacances dans une petite ville portuaire du sud de la France : le Grau-du-Roi.

Là, il va tenter de goûter aux délices du Sud, tant culinaires que conviviaux, en intégrant le groupe d’amis de sa compagne, Véronique, qui doit le rejoindre plus tard. Entre bons petits plats et apéros dînatoires, il va être embarqué, bien malgré lui, dans une drôle d’histoire d’enlèvement.

Notre héros a toujours eu, sans comprendre ni le pourquoi, ni le comment, une véritable propension à attirer la sympathie des enfants. Enfants qui, ne lui en déplaise, adorent sa compagnie et les histoires qu’il sait si bien leur conter aux travers de ses romans. Bien sûr, dans les premiers temps, il tente de passer incognito : il est là pour se reposer quand même! Mais les enfants ont tôt fait de mettre à jour son déguisement de simple vacancier et de reconnaître en lui le célèbre romancier dont ils adorent les romans. Les enfants en question sont ceux de la bande d’amis de Véronique qui, l’été venu et par la force de l’habitude, se fondent parmi ceux qui vivent là à l’année.

Mais cette année, c’est différent : Séléna a disparu! Grâce à la complicité et à l’efficacité des enfants qui l’entourent et le suivent, Christie Spivac va aller de découverte en découverte pour mener l’enquête sur cette terrible disparition.

Par un récit à la première personne (c’est Christie Spivac qui raconte), des phrases courtes et imagées, un vocabulaire simple et efficace et de nombreux dialogues, Christian Poslaniec nous fait vivre un récit vif et rapide où les personnages, même s’ils ne sont que très rapidement croqués, sont tous faciles à identifier. L’action se passe dans un temps relativement court, tout comme les chapitres qui incitent encore plus à tourner les pages sans se soucier d’autre chose que de découvrir le fin mot de l’histoire.

Dans ce roman, l’auteur prends le parti de nous montrer les deux faces de la pièce. En effet, tandis que l’on suit Christie, les enfants et leurs parents qui décodent des énigmes et se posent des questions, on suit également Séléna et son kidnappeur. Cet effet littéraire montre ainsi, sans trop alourdir le récit du côté de ceux qui cherchent, les motivations premières du ravisseur.

Je me suis beaucoup amusée à lire cette petite histoire fine et délicate sur les liens filiaux qui, ne l’oublions pas, est quand même le fond de l’affaire. Surtout qu’en plus notre auteur a le chic pour faire en sorte que se dégage le soleil et l’air iodée de ses pages. Je connais bien la région dont il parle et j’ai vraiment eu l’impression de faire un saut dans le temps aux côtés du héros, passant d’une partie de pêche au décodage des poissons morts dans les carafes, du barbecue devant les tentes du camping aux balades sur la plage, les pieds s’enfonçant dans le sable chaud… Oui, je m’y suis glissée avec autant de bonheur que la vivacité d’écriture de l’auteur m’y emmenait.

Premières Phrases  –  Extraits Choisis :

Ce matin j’ai rencontré la Dame Blanche. La DamE BlanchE, comme disent les gens d’ici. depuis mon arrivée au Grau-du-Roi, il y a deux jours, j’en entendu parler cinq fois avec l’accent provençal. C’est une gloire locale, cette fantômette couleur meringue! p. 9.

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Au Mistral, on ne s’ennuie pas. A la table de la bande, on rit, on parle fort, on se laisse aller contre le dossier de sa chaise, les épaules hautes, pour bien signifier qu’ici on est chez soi. Deux bouteilles de rosé, vides, témoignent de la chaleur du débat qui a précédé mon arrivée. La troisième, entamée, saute quasiment dans la main de Mickaël quand il m’aperçoit. Il me sert le « petit coup de consolation du pêcheur bredouille » (comment l’a-t-il su?) tandis que je fais la tournée des bisous.p. 36.

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Séléna sanglote. Elle a peur. Elle ne sait pas exactement pourquoi. Le garçon est revenu lui apporter des provisions et une couverture qui sent le feu de bois. <<Pourvu qu’on te retrouve avant samedi>>, a-t-il dit. Il paraissait vraiment inquiet. Et il a ajouté : <<Tu devrais crier de temps en temps. On t’entendra peut-être. Les gendarmes te cherchent, je leur ai envoyé un autre message.>> Séléna, ça lui a paru bizarre que son ravisseur lui dise cela. Elle a écouté sa respiration oppressée. Elle a même pensé, à un moment, qu’il pleurait. Elle a essayé de regarder par la fente lumineuse, mais n’a aperçu qu’une main, celle d’un adolescent, a-t-elle pensé. Une main portant à l’annulaire une bague dorée faite de deux brins tressés. Elle s’est dit que, si elle parvenait à sortir de sa prison, elle réussirait à identifier son ravisseur. p. 67.

Ma Note ? 9/10 : Un petit roman jeunesse très frais par le style et par les lieux évoqués. La présence d’une enquête rondement menée apporte sa touche de mystère au soleil des bords de la Méditerranée. Malgré les faits et le stress que l’on sent chez certains personnages, l’ambiance est plus gaie et enjouée que noire et plombée.

 

Roman lu en Octobre dernier, dans le cadre de la première session du Challenge Juste pour Lire.

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